ACTUALITÉS "PRO"

A PROPOS DES DEBATS « POST – VALOIS » SUR LA REFONDATION

  DES POLITIQUES PUBLIQUES EN FAVEUR DU SPECTACLE VIVANT

  

LIBRE CONTRIBUTION DU THEATRE PRIVE

  

La présente note est une contribution du théâtre privé, en tant que secteur professionnel représenté par l’Association pour le Soutien du Théâtre Privé (ASTP) et le Syndicat National des Directeurs et Tourneurs du Théâtre Privé (SNDTP), aux débats engagés à la suite des Entretiens de Valois.

Elle a pour objet de préciser la position du théâtre privé à l’égard de réflexions engagées au sein du ministère de la Culture sur la question générale de l’organisation et du financement du théâtre en France.

Le propos de cette note n’est pas d’exprimer des recommandations aux pouvoirs publics sur des sujets qui ne sont assurément pas de la compétence des organismes représentatifs du théâtre privé; mais à partir du moment ou les « réflexions » engagées au sein du ministère sont susceptibles d’avoir un fort impact sur son avenir, il n’est pas illégitime que le théâtre privé exprime spontanément son point de vue.

Il n’est certes pas exclu que les projets décrits ci-dessous ne reflètent en aucune façon les intentions ministérielles, mais s’ils correspondent, de près ou de loin, à des réalités, le théâtre privé a bien des raisons d’exprimer préventivement son opinion.

 

1. Constats à propos de l’organisation du théâtre public et de ses difficultés :

 

Le financement, et plus largement l’organisation du théâtre public suscitent aujourd’hui beaucoup d’interrogations et d’inquiétudes, pour plusieurs raisons qui se conjuguent. 

En résumé, les difficultés peuvent ainsi s’énumérer: 

- On doit s’attendre à une diminution significative des financements publics (Etat et collectivités territoriales) dans les prochaines années.

C’est une donnée qu’il est inutile d’ignorer et qui obère grandement l’avenir du théâtre public, compte tenu du poids représenté dans son financement par les subventions des collectivités nationale et territoriales. 

- En raison du poids représenté par les charges fixes dans les établissements subventionnés, la baisse des subventions déclenche immédiatement ses effets sur les marges artistiques ; la production et la diffusion de spectacles sont les premières victimes de cette diminution.

- On observe de profonds déséquilibres, dans le réseau des établissements subventionnés entre l’activité de création et celle de diffusion. On crée beaucoup, mais on joue, en proportion du nombre de spectacles créés, beaucoup moins.  

- A côté d’un secteur institutionnel labellisé, qui fige une grande part des financements, on observe un émiettement des aides à des milliers de compagnies, souvent en grande précarité.

Beaucoup d’entre elles se trouvent dans une double situation de dépendance, à l’égard de leurs financeurs publics, mais aussi à l’égard de lieux ouverts sans contrôle, qui exploitent leurs besoins de reconnaissance.

  

2. Nouvelle régulation, nouvelle taxe ? La séparation théâtre public/théâtre privé a-t-elle encore une raison d’être ?

 

Ce qui est schématiquement décrit ci-dessus ne constitue pas un jugement, mais un constat, qui renvoie directement au but que s’étaient assignés les « Entretiens de Valois », de « refonder les politiques publiques en faveur du spectacle vivant ».

Sauf à être totalement aveugle, chacun doit convenir que les problèmes décrits ne peuvent se résoudre par des solutions purement financières, et qu’il y a lieu de repenser l’ensemble, pour trouver des équilibres aujourd’hui rompus.

Certaines solutions évoquées renvoient à cette nécessité d’une meilleure régulation, en veillant à retrouver un meilleur équilibre entre production et diffusion, ou en incitant les établissements à augmenter la part de leurs ressources propres.

Sans doute cette nécessité de régulation suppose-t-elle de revenir aussi sur le laxisme avec lequel les pouvoirs publics ont laissé prospérer un secteur déréglementé, qui alimente puissamment les excès de l’offre (ainsi, au passage, que le déficit du régime d’assurance chômage des Intermittents du Spectacle).

Au nom de cette nécessité régulatrice, et pour assurer, selon le vocable convenu, de nouvelles ressources « extra- Budgétaires », figure parmi ces « réflexions » la proposition d’instaurer une nouvelle taxe sur la billetterie des établissements, qui consisterait en réalité à généraliser la taxe aujourd’hui instaurée au profit de l’ASTP. 

Poussant cette réflexion jusqu’à son terme, certains n’hésitent pas à suggérer que ce projet soit l’occasion de mettre un terme à la séparation théâtre public/théâtre privé, par la création d’un Centre national du spectacle vivant, gérant des dispositifs unifiés au profit de tous les théâtres désormais regroupés.

Ce point de vue part de l’idée que cette séparation public/privé est archaïque et forcément source de gaspillages, sans parler du fait qu’elle demeure incompréhensible aux yeux du grand public.

L’idée serait ainsi de créer, au profit du spectacle vivant, l’équivalent de ce qu’est le CNC en matière cinématographique.

Serait ainsi promu le concept d’un « théâtre d’économie mixte », intermédiaire entre ce que sont aujourd’hui le théâtre public et le théâtre privé, plus économe en deniers publics et capable, en s’appuyant sur les mécanismes d’une taxe élargie, de trouver les moyens d’une régulation efficace. 

Au sein de ce nouvel organisme, pourraient ainsi co-exister des mécanismes d’aides fondés sur des dotations publiques (Etat et collectivités territoriales) et d’autres mécanismes, à vocation plus régulatrice, fondés sur les ressources d’une taxe élargie. 

Autre avantage de ce projet de grand Centre national du spectacle vivant : en instaurant une taxe unique et généralisée, il permettrait de disposer d’informations précieuses sur l’économie du spectacle dans sa globalité et d’alimenter ainsi un centre de ressources national et pluridisciplinaire, dont certains déplorent aujourd’hui l’absence.

Bien entendu, un projet de cette ampleur ne peut s’improviser, d’une part parce qu’il suppose une volonté politique forte, ainsi qu’un feu vert des instances communautaires et du Parlement, et d’autre part parce qu’il bouscule le paysage et pose la question du devenir d’organismes existants.

On ajoutera également que ce projet suppose aussi une forte adhésion des collectivités territoriales, devenues les pièces maîtresses du financement du spectacle, qui ne verront pas forcément d’un bon œil cette forme inavouée de « re-centralisation ».

  

3. Le théâtre privé défend son existence et sa spécificité.

 

Pour sa part, le théâtre privé ne peut accepter un tel projet et tient, sans parti pris ni polémique, à expliquer les raisons de son opposition. 

Le propos n’est pas, bien évidemment, de s’opposer à la volonté ministérielle de « refonder les politiques publiques en faveur du spectacle vivant », dont on comprend bien les motifs. 

Il est avant tout de montrer en quoi le projet de taxe généralisée présente le double inconvénient de ne pas répondre aux difficultés du théâtre public et de porter en germe le risque d’une disparition pure et simple du théâtre privé, ce qu’on peut donc appeler un scénario « perdant/perdant ». 

Pour appuyer la démonstration, trois points doivent être développés : 

- Dresser un bref rappel de l’origine de la co-existence théâtre public/théâtre privé.

- Démontrer en quoi les mécanismes d’une taxe sur la billetterie ne sont pas applicables au théâtre public.

- Démontrer en quoi une généralisation de cette taxe contient en germe la disparition du théâtre privé.

  

a. La co-existence théâtre public/théâtre privé :

 

L’appellation « théâtre privé » s’est généralisée à compter du jour où l’Etat a développé une politique ambitieuse de financement public du théâtre, mouvement qui n’a fait que s’amplifier depuis l’après guerre ; il devenait nécessaire de différencier les deux, sachant que l’on s’est mis à dénommer « le théâtre privé », ce qu’on appelait avant « le théâtre ». 

Il n’est pas abusif de dire qu’au moment de la plus forte expansion de cette politique de développement du théâtre public, sous l’ère Malraux, la question de la survie du théâtre privé a été clairement posée, dès lors qu’il s’est trouvé confronté à la rude concurrence d’un théâtre dont l’économie générale est en grande partie financée par l’impôt. 

Le choix aurait pu être fait non pas de « nationaliser » les théâtres privés, du moins de laisser ces théâtres se confronter aux seules lois du marché, ce qui aurait immanquablement abouti sinon à leur destruction pure et simple (la plupart sont protégés), du moins à leur transformation en « garages » ouverts à la location, renonçant ainsi à toute vocation théâtrale au sens de leur direction artistique. 

Tel n’a pas été le choix des pouvoirs publics, et on peut dire que la création de l’ASTP en 1964 aura traduit la volonté de l’Etat et des professionnels de sauvegarder une activité théâtrale privée au sens fort du terme, c’est-à-dire impliquée dans la création, revendiquant une ligne de programmation et supportant les risques de la production. 

Le véritable pacte que constituait cette fondation de l’ASTP repose sur un postulat selon lequel les deux théâtres n’obéissent pas aux mêmes lois :

- D’un côté, le théâtre public est en grande partie financé par l’impôt, pour qu’il soit en mesure de proposer des spectacles sans faire supporter l’intégralité de ses charges par le prix du billet acquitté par le spectateur (en vue de permettre « L’accès du plus grand nombre aux œuvres de l’esprit »). 

- De l’autre, le théâtre privé doit se fixer comme objectif d’équilibrer son exploitation, par ses seules recettes propres, étant entendu que le prix du billet se voit majorer d’une taxe (au taux de 3,5 %) dont le produit alimente un Fonds de Soutien.

Ce mécanisme instaure une solidarité et mutualise les risques, les succès des uns permettant de compenser les échecs des autres. 

Tout au long de l’histoire, bientôt cinquantenaire, du Fonds de Soutien, les recettes de la taxe n’auront jamais suffit à elles-seules à financer cette solidarité ; des compléments de financement de l’Etat, puis de la Ville de Paris, auront permis de tenir cet équilibre, sans qu’il s’agisse, en aucune façon, de subventionner le prix du billet, mais uniquement d’abonder les mécanismes de la garantie, mobilisés en cas de déficit.

En tout état de cause, ces dotations publiques demeurent marginales, rapportées à l’économie du théâtre privé, puisqu’elles représentent aujourd’hui de l’ordre de 5 % du compte d’exploitation des seuls théâtres privés parisiens. 

Ce bref rappel historique est utile pour bien comprendre que la politique théâtrale engagée par l’Etat au cours des 50 dernières années ne s’est pas limitée à « investir », dans le théâtre public, mais qu’elle s’est aussi attachée à trouver les moyens de maintenir une activité théâtrale privée forte et dynamique. 

La création de l’ASTP n’est pas le signe d’un repli des théâtres privés ; c’est la conséquence d’un accord négocié avec l’Etat, sans lequel le théâtre privé n’aurait pu survivre.

  

b. En quoi les mécanismes d’une taxe sont-ils incompatibles avec la notion même de théâtre subventionné ?

 

La taxe, ici comme dans d’autres secteurs, exerce une fonction régulatrice, permettant d’accompagner et de corriger les lois du marché.

Elle est d’autant plus utile dans le théâtre qu’il s’agit d’une activité à risque, dans laquelle les succès, comme les échecs, sont imprévisibles, et qu’ils se succèdent, d’un théâtre à l’autre, de façon très aléatoire. 

Ce système n’a donc de sens que s’il repose sur le postulat d’une volonté et d’une capacité d’équilibrer son exploitation, et ce n’est pas un hasard si de tels systèmes sont en vigueur dans des secteurs générant de fortes ressources propres, dont le théâtre privé, mais aussi le cinéma ou les spectacles de variétés, ceux-ci bénéficiant en outre des fortes recettes générées par les films étrangers ou les concerts de variétés internationales. 

C’est d’ailleurs tout le sens des réformes énergiques adoptées par l’ASTP en 2007, qui se sont attachées, non sans douleur, à refonder ses mécanismes régulateurs en obligeant ses théâtres adhérents à respecter les objectifs d’équilibre d’exploitation, y compris pour les théâtres dotés des jauges les plus modestes. 

Dans ces conditions, vouloir appliquer une taxe sur les recettes propres d’établissement très majoritairement financés par subvention est un non sens.

D’une part, la taxe viendra renchérir le prix d’un billet que la subvention a justement pour objet de diminuer.

D’autre part, compte tenu de l’étroitesse de l’assiette, le produit de cette taxe sera forcément symbolique, sauf à lui appliquer un taux démesuré, au risque de rendre le prix du billet inaccessible ; bref, la quadrature du cercle. 

Enfin et surtout, on ne voit pas en quoi cette nouvelle taxe est susceptible de procurer de « nouvelles ressources extra budgétaires », permettant de compenser partiellement d’éventuels désengagements publics ; encore une fois, la taxe n’est pas un outil de financement, une recette supplémentaire dans un compte d’exploitation, mais un outil de régulation, au profit d’entreprises en capacité d’équilibrer cette exploitation.

Dans ces conditions, on peut facilement comprendre les réserves, voire l’hostilité des représentants du théâtre subventionné à l’égard de ce type de projet qui a tout du marché de dupe dès lors qu’il laisse penser que les produits de la taxe viendront miraculeusement compenser des réductions de subvention. 

En réalité, le projet n’aurait de sens que s’il visait, à terme, à une forme de « privatisation » du théâtre subventionné, en misant sur une inversion progressive de la part des subventions et des recettes propres.

Ce serait, pour le moins, une remise en cause radicale de la politique culturelle suivie depuis plus d’un demi siècle, et sans en arriver à de telles extrémités, on peut sans doute imaginer de façon plus réaliste l’avenir du théâtre subventionné, sans l’obliger à renoncer à ses principes fondateurs.

  

c En quoi le projet de taxe élargie contient-il en germe la disparition du théâtre privé ?

 

Le point de vue exprimé ici n’est pas de donner des leçons ou d’indiquer à l’Etat la bonne marche à suivre.

Mais il serait anormal qu’à vouloir résoudre des difficultés dont le théâtre privé n’est en rien responsable, on mette en œuvre des solutions susceptibles de lui porter gravement et définitivement atteinte. 

Le projet de création d’une taxe élargie suppose, comme on l’a déjà indiqué, une étude de faisabilité associant tous les acteurs publics concernés, bien au-delà du seul ministère de la Culture. 

Ce dernier pourrait, dans un premier temps, plaider la cause d’une juxtaposition de dispositifs voisins, avec le maintien d’une taxe ASTP et d’une taxe CNV, complétées l’une et l’autre par une « taxe du 3è type » susceptible de s’appliquer aux recettes de tous les autres spectacles aujourd’hui non taxés, notamment celles du théâtre subventionné. 

Ainsi, comme déjà évoqué dans une précédente note de l’ASTP, le même établissement subventionné pourrait-il être taxé, la même semaine : 

- Un premier soir, au profit de l’ASTP, pour un spectacle dramatique dont la production fait intervenir un entrepreneur privé non subventionné.

- Un deuxième soir, au profit du CNV, pour un spectacle de variétés.

- Un troisième soir, au profit d’un nouvel organisme, pour un spectacle n’entrant pas dans les champs de perception des deux organismes précédemment cités. 

Honnêtement, à qui fera-t-on croire la faisabilité d’un tel scénario ? 

Immanquablement, la création d’une taxe « élargie » passera par un regroupement, une centralisation, au profit d’un collecteur unique, et cette perspective pourrait séduire ceux qui, à courte vue (et parfois peut-être, de bonne foi), voient dans la séparation public/privé une source de gaspillages et de complexité inutile. (En oubliant au passage que dans bien des secteurs, comme l’enseignement, la médecine ou les transports, la co-existence d’un secteur public et d’un secteur privé est davantage vécue comme un atout que comme un handicap). 

On peut donc s’attendre à ce que le processus enclenché débouche rapidement sur une mise en cause de l’existence même de l’ASTP et des mécanismes spécifiques qu’elle déploie, ce qui revient, à terme, à mettre fin à l’existence d’un théâtre privé, et indépendant. 

Ainsi s’achèvera l’écriture du scénario perdant/perdant, débouchant sur une véritable usine à gaz inadaptée aux besoins du théâtre public, et la disparition progressive d’un théâtre privé, littéralement happé dans un nouvel ensemble dont la lourdeur et la complexité ne seront pas compatibles avec la souplesse et la réactivité nécessaires des mécanismes sur lesquels il s’appuie aujourd’hui. 

 

4. Le théâtre privé propose d’avancer de façon pragmatique sur des solutions concrètes :

 

Vu du côté du théâtre privé, dans le respect des responsabilités de chacun, le propos n’est pas de plaider pour un statu quo.

Le théâtre privé ne peut ignorer les débats qui agitent le théâtre public, son organisation, son financement, ne serait-ce que parce qu’existent des liens et des interdépendances entre les deux (C’est ainsi que les difficultés budgétaires rencontrées par un nombre croissant de diffuseurs subventionnés en régions ont un effet sensible sur la diffusion des pièces issues du théâtre privé). 

Mais comme on s’est efforcé de l’exposer, à partir d’une analyse objective et partagée de la situation, il s’agit de pointer les fausses bonnes idées et les solutions qu’elles peuvent inspirer. 

A ce stade, le théâtre privé tient à exposer les points suivants : 

- Il confirme sa volonté d’être pleinement associé aux nouvelles rencontres annoncées par la DGCA sur la question des liens public/privé et du développement de leurs collaborations.

Il considère que ces débats ne doivent pas occulter les différences, mais permettre d’examiner les conditions d’une meilleure circulation des œuvres et des spectacles, dans un sens comme dans un autre.

Plutôt que de s’engager sur des projets lourds, complexes, et coûteux de co-productions, le théâtre privé estime préférable de privilégier cette notion de circulation des spectacles, en trouvant les moyens de leur assurer de nouvelles opportunités de diffusion d’un secteur à l’autre.

D’un mot, si l’on s’en tient à la chronologie des spectacles, il est plus facile de lancer des passerelles « en aval », plutôt « qu’en amont ». 

- Il rappelle que les textes régissant la perception de la taxe perçue par l’ASTP prévoient l’assujettissement des spectacles co-produits ou co-réalisés entre partenaires publics et privés.

Il précise que ces dispositions autorisent sans contestation l’accès à la garantie de spectacles présentés dans des théâtres privés, et co-produits ou co-réalisés avec des partenaires subventionnés, notamment des compagnies.

Il souligne l’intérêt de ces opérations pour les deux partenaires impliqués, qui mériteraient certainement d’être davantage promues et développées. 

- Il entend profiter de ces rencontres pour exposer les grandes lignes des projets engagés par l’ASTP visant à dynamiser les créations de spectacles en tournée. 

D’une façon générale, le théâtre privé considère que ces pistes de réflexion, et les réalisations auxquelles elles permettront d’aboutir peuvent représenter d’utiles contributions aux débats en cours sur l’organisation et le financement du théâtre. 

Il estime de loin préférable d’avancer de façon pragmatique sur de telles pistes de travail, même si elles ne peuvent à elles-seules résoudre toutes les difficultés actuelles, plutôt que de subir passivement les conséquences négatives des projets décrits ci-dessus d’élargissement ou de généralisation d’une taxe sur le spectacle.

 

17 mai 2010.

 

 

  

RAPPORT D'ACTIVITE 2009 DE L'ASTP

 

Présenté à l'occasion du Conseil d'administration du 29 avril 2010, le rapport d'activité 2009 de l'ASTP est consultable sur le lien précédent.

 

  

PALMARES DE LA NUIT DES MOLIERES 2010

 

Lors de la cérémonie des Molières, qui s’est déroulée ce dimanche 25 avril 2010 à la Maison des Arts et de la Culture de Créteil et qui a été retransmise en direct sur France 2, le Jury a décerné 18 récompenses.

Voici le palmarès de celles qui ont été attribuées dans le secteur privé :

  • « L'Habilleur » au Théâtre Rive Gauche : Molière du théâtre privé et Molière du comédien pour Laurent Terzieff.

  • « Les 39 marches » au Théâtre La Bruyère : Molière de la pièce comique et Molière de l'adaptateur pour Gérald Sibleyras.

  • « La Nuit des Rois » au Théâtre Comédia : Molière du comédien dans un second rôle pour Henri Courseaux et Molière du créateur lumière pour Gaëlle de Malglaive.

  • « La Serva Amorosa » au Théâtre Hébertot : Molière de la comédienne dans un second rôle pour Claire Nadeau et Molière du décorateur-scénographe pour Catherine Bluwal.

  • « Confidences à Allah » au Théâtre de la Gaîté Montparnasse : Molière de la révélation théâtrale féminine pour Alice Belaïdi.

  • « L'Illusion Conjugale » au Théâtre Tristan Bernard : Molière de l'auteur francophone vivant pour Eric Assous.

 

 

« THEATRES PARISIENS ASSOCIES »: NAISSANCE DE LA NOUVELLE MARQUE DES THEATRES PRIVES DE PARIS

 

Destinée à mieux identifiée l'offre des Théâtres Privés adhérents de l'ASTP dans le paysage théâtral parisien, la marque « Théâtres Parisiens Associés » a vu le jour lundi 22 mars avec la mise en ligne de son site internet www.theatresparisiensassocies.com

Le lancement de cette nouvelle marque s'appuie sur une campagne de communication conçue avec l'agence L'enchanteur. Elle combinera, jusqu'au 16 mai 2010, affichage dans le métro parisien, insertions dans la presse (Télérama sortir ; Paris Obs ; Journal du Dimanche) et partenariat de l'émission « Ce soir ou jamais » sur France 3.

La marque « Théâtres Parisiens Associés » se déclinera ensuite sur toutes les affiches des spectacles présentés dans les théâtres du réseau : le logo de la marque y figurera comme une sorte de label de qualité incarnant les valeurs communes aux théâtres privés.

 

 

PROJET DE DOTATION D’UN FONDS « THEATRES PRIVES » A L’IFCIC


L’IFCIC (Institut pour le Financement du Cinéma et des Industries Culturelles) est un établissement de crédit agréé par la Banque de France, dont le capital est détenu par les principales banques françaises, de grands établissements financiers (Caisse des dépôts, OSEO) et l’Etat. Il a reçu une mission d’intérêt général des ministères de la Culture et de l’Economie, en vue de contribuer au développement des industries culturelles en facilitant l’accès des entreprises au crédit bancaire.

Dans ce contexte, l’ASTP a engagé des discussions avec l’IFCIC, dans la perspective de faciliter l’accès aux crédits bancaires d’entrepreneurs privés candidats à la reprise d’un théâtre.

Il s’agirait non pas de remplacer, mais de compléter le dispositif d’aide à la reprise aujourd’hui proposé par l’ASTP, dont les dotations pourraient dans un avenir assez proche ne pas être en capacité de répondre intégralement aux besoins exprimés.

Ce projet passerait par la dotation d’un fonds « Théâtres privés » à l’IFCIC, lequel permettrait ensuite de garantir jusqu’à 70 % des concours bancaires alloués pour la reprise d’un théâtre.

Ce projet doit recevoir le feu vert définitif des deux organismes dans les prochains mois. 

Parce qu’elles engagent en grande partie l’avenir du théâtre privé, les opérations de reprises de théâtres revêtent un caractère stratégique ; en diversifiant et en renforçant ses moyens d’actions dans ce domaine, l’ASTP témoigne ainsi de sa vigilance quant à la pérennité de l’activité théâtrale dans les établissements qui relèvent de son domaine d’intervention.

 

 

NOUVELLES CONVENTIONS TRIENNALES ETAT/VILLE DE PARIS/ASTP

 

L’Etat, représenté par le ministère de la Culture, la Ville de Paris et l’ASTP se sont engagés dans le cadre de deux nouvelles conventions triennales portant sur la période 2009/2011.

La première, dite « de fonctionnement », précise les conditions dans lesquelles les deux tutelles de l’ASTP lui accordent leur soutien financier et l’affectation de ces financements.

Selon les principes généraux d’intervention de l’ASTP, ces financements contribuent aux actions de soutien que mène l’association en direction de ses théâtres adhérents, lesquels ne perçoivent directement aucun financement public.

Dans le projet de budget définitif 2009 de l’ASTP, la subvention du ministère de la Culture s’élève à 3.840.000 € (dont 240 K€ affectés à la convention « travaux ») et celle de la ville de Paris à 3.637.300 €, sur un total général de 15,5 M€.

La seconde, dite « convention travaux », précise les conditions dans lesquelles le ministère de la Culture et la ville de Paris contribuent au financement de travaux visant à la sauvegarde du patrimoine des théâtres.

A l’image de la précédente convention, l’accent est particulièrement mis sur les travaux de sécurité ; à noter cependant que la nouvelle convention s’étend à la prise en charge partielle des études d’accessibilité des personnes handicapées.